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Prêt à jeter

Un produit usé = un produit vendu ! Tourné aux quatre coins du monde, ce film enquête sur l’obsolescence programmée, concept vieux comme l’industrie mais toujours vivace. Une démonstration aussi implacable qu’éclairante.

http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Pret-a-jeter/3714422.html

http://www.youtube.com/watch?v=L36pRwn4r3Q
Dans les pays occidentaux, on peste contre des produits bas de gamme qu’il faut remplacer sans arrêt. Tandis qu’au Ghana, on s’exaspère de ces déchets informatiques qui arrivent par conteneurs. Ce modèle de croissance aberrant qui pousse à produire et à jeter toujours plus ne date pas d’hier. Dès les années 1920, un concept redoutable a été mis au point : l’obsolescence programmée. « Un produit qui ne s’use pas est une tragédie pour les affaires », lisait-on en 1928 dans une revue spécialisée. Peu à peu, on contraint les ingénieurs à créer des produits qui s’usent plus vite pour accroître la demande des consommateurs.

Croissance folle
« À l’époque, le développement durable n’était pas au centre des préoccupations », rappelle Warner Philips, arrière-petit-fils des fondateurs de la marque du même nom. Mais alors que les ressources de la planète s’épuisent, rien n’a changé. « La logique est croître pour croître », note Serge Latouche, professeur émérite d’économie à l’université de Paris 11. Tournée en France, en Allemagne, en Espagne, au Ghana et aux États-Unis, nourrie de nombreuses archives et interviews, avec, pour fil conducteur, le test d’une imprimante récalcitrante, cette démonstration minutieuse débusque les avatars de l’obsolescence programmée et leurs répercussions. Elle esquisse aussi d’autres modèles économiques : de la décroissance, prônée par Serge Latouche, à une industrie qui produirait et recyclerait à l’infini, à l’image de la nature. Une investigation passionnante, qui, l’exaspération une fois passée, amorce la réflexion.

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Construire l’écologie pour tous !

Texte non signé, in Newsletter – Nous sommes tous des coopérateurs-trices  – Spéciale « Assemblées générales décentralisées Europe Écologie – Les verts » (EELV), le 17, février 2011

Les temps changent. Et une nouvelle fois l’écologie est à la croisée des chemins.
Après une séquence politique et électorale qui a redonné consistance à l’écologie politique en France et conduit à la naissance d’EELV, les années qui viennent sont celles de nouveaux défis, plus capitaux encore que ceux déjà affrontés et, à ce titre, plus délicats à négocier.

Quels sont ces défis ?

Il y a urgence à mener la transformation écologique de la société. En France bien sûr, mais aussi à l’échelle internationale, et en particulier européenne. A l’heure des crispations identitaires, du retour des sirènes nationalistes et tribuns souverainistes à droite comme à gauche, il est temps de rappeler que l’Europe est le lieu pertinent pour une action politique de transformation. L’Union européenne ne se réduit pas à sa technocratie ou aux gesticulations médiatiques des sommets internationaux. L’Europe est avant tout un idéal de paix et de prospérité partagée qui repose sur des valeurs fondamentales de liberté, d’égale dignité, et surtout de solidarité. En ces temps d’interdépendance et de mondialisation, s’accrocher aux ombres de la souveraineté nationale c’est se condamner à l’impuissance politique. Les crises économique, sociale et politique sont bien installées. Les crises écologiques qui vont du changement climatique à l’épuisement des ressources naturelles et de la biodiversité deviennent chaque jour plus prégnantes. Laisser penser qu’on peut sauver un modèle économique, financier et social en banqueroute par un productivisme effréné ne fait qu’accentuer la dette écologique abyssale que nous commençons seulement à payer. Il y a urgence à mettre en place des politiques à long terme pour un modèle nouveau de société.
Pour ce faire, nous ne devons pas seulement remporter des élections, mais aussi bénéficier d’un soutien large et durable de l’opinion nous permettant de mettre sur pieds des chantiers qui nécessitent inventivité et engagement. L’écologie politique a certes fait d’impressionnants progrès dans le monde mais nos idées demeurent encore minoritaires. Cette métamorphose à la fois complexe et incertaine que nous appelons de nos voeux nécessite de rassembler vite et efficacement des gens aux parcours différents des nôtres et dont nous avons parfois trop
dogmatiquement ignoré l’existence.
Notre responsabilité politique est donc immense. Agir pleinement en conscience de celle-ci constitue le second grand défi. Nous ne pouvons plus nous contenter de postures critiques marginales dans l’espace institutionnel ou public. Penser que nous serions des justes, pour avoir été les premiers lanceurs d’alerte d’une faillite devenue évidente pour beaucoup, serait une erreur profonde. Le meilleur et le plus précoce des diagnostics ne vaut rien s’il ne s’accompagne pas des soins et du consentement du patient à les suivre. L’urgence écologiste nous oblige à occuper durablement la scène politique. L’autonomie d’une pensée politique ne se résume pas au confort des positions radicales et minoritaires.
En France, l’écologie politique est étroitement associée à la culture anti-autoritaire et libertaire. Pour beaucoup d’entre nous, le rapport au pouvoir n’est pas simple. En même temps, une position d’observateur cynique à l’heure où tout un modèle de société semble se diriger dans un mur est humainement et politiquement inadmissible.
En matière d’expérience du pouvoir, nous ne partons heureusement pas de rien. En France comme dans plusieurs pays d’Europe, nous avons déjà participé à des exécutifs. Nous ne à mettre en oeuvre avec réalisme et détermination les projets ambitieux que nous portons pour et avec la société.
Le troisième défi que l’écologie politique doit aujourd’hui relever peut apparaître plus prosaïque, mais il découle directement des deux précédents : c’est celui de la manière dont nous devons aborder les échéances politiques à venir. L’enjeu d’EELV n’est pas seulement de
consolider ses acquis politiques. Il s’agit surtout d’aller de l’avant et d’élargir notre assise à la fois électorale et culturelle au sein de la société. Sans rien renier des performances électorales de nos listes aux européennes et aux régionales, la séquence électorale qui s’annonce avec la présidentielle et les législatives de 2012 ne sera pas la plus simple à négocier. En contradiction avec notre conception des institutions démocratiques, la première ne nous a jamais été favorable. Quant aux secondes, déformées et même détournées par un mode de scrutin inéquitable, une inversion stupide du calendrier électoral et une hyperprésidentialisation du régime, elles entravent mécaniquement la reconnaissance sociale dont jouit à présent l’écologie politique. Mais là encore, il serait trop facile d’expliquer notre difficulté à percer dans ce type d’élection simplement par des règles du jeu handicapantes sans reconnaître nos propres limites. L’écologie politique a certes progressé ces trois dernières années, mais nos réussites électorales sont proportionnelles à la forte abstention qui sévit dans les milieux populaires et parmi les jeunes lors des scrutins intermédiaires. En 2012, l’intermittence électorale sera différente et nous peinons encore à rendre nos idées intelligibles auprès d’une vaste proportion de la population. Nous ne pouvons nous satisfaire d’une écologie des centres urbains, des populations aisées au niveau d’études élevé.
L’écologie populaire ne peut pas rester un slogan! Dans certains domaines, nos propositions politiques restent faibles et trébuchent encore sur des dogmes surannés importés de la vieille gauche. En dépit de la complexité des solutions qu’elle tente d’esquisser, l’écologie politique doit parler à toute la société et continuer de ramifier dans tout le terreau de la civilité.

Ouvrir, élargir et rassembler encore

L’écologie politique n’est pas qu’une culture qui vise à renouer avec des rapports équitables entre l’homme et la nature. Précisément, parce qu’elle est le fruit de la pensée humaine, l’écologie politique est aussi un objet social qui entend réconcilier les hommes entre eux à l’échelle d’un territoire, d’une nation mais aussi dans une dimension qui est aujourd’hui véritablement planétaire. L’objet de l’écologie politique c’est le respect d’un équilibre équitable entre l’humain et son environnement global, autrement dit ce qui recoupe à la fois et simultanément son environnement naturel, son environnement social et les dimensions transterritoriales de celles-ci, celles de réalités qui dépassent désormais les frontières culturelles, institutionnelles, politiques mais aussi quotidiennes des territoires et de la cartographie d’antan. Vaste défi pour tout dire ! L’écologie politique s’adresse à tous et pour tous. D’abord parce que les menaces qui pèsent aujourd’hui sur la vie et sur la planète se moquent du statut social, de la culture ou du lieu de résidence.
Parce qu’elle pense global, l’écologie politique comprend la nature de la mondialisation. Elle en connaît la valeur, en particulier son impact sur la cristallisation d’une conscience planétaire. De même en reconnaît-elle les dangers, en particulier l’accroissement des inégalités sociales aux plans local et mondial. La réalité urbaine de la France contemporaine est celle de villes déstructurées toujours plus vastes, où convergent les cultures, les questions et les visages du monde entier. Parce qu’elle pense à la fois global et local, l’écologie politique comprend et embrasse aussi la diversité et la complexité de nos sociétés cosmopolites.
Parce que la transformation écologique de la société coûte évidemment cher, nous devons veiller à ce que son impact ne s’acharne pas contre les mêmes étages de la chaîne sociale, que les efforts soient proportionnels à la richesse et que les effets économiques de cette transformation profitent notamment en termes d’emploi comme en termes de revenus à celles et ceux qui en sont privés. En France comme dans de nombreux pays, le système fiscal est particulièrement inégalitaire et relativement inefficace. Il doit être repensé à l’aune de l’urgence écologique, de la mondialisation des flux financiers et de la dématérialisation de l’économie. Au mille-feuilles baroque et injuste issu d’une succession de réformes partielles et incohérentes, il faut substituer une fiscalité mieux répartie et plus équitable où l’humain serait réhabilité en lieu et place d’un productivisme aveugle et d’un consumérisme effréné. Sortons de l’image d’une écologie punitive pour fonder les bases d’une écologie de la créativité et de la réconciliation.

Une coopérative politique pour inventer, renouveler, accompagner et réconcilier

De la dynamique née des élections européennes et régionales, une nouvelle formation politique est née. C’est ainsi qu’Europe-Ecologie-Les-Verts s’est constituée lors des Assises de Lyon en novembre dernier. C’était une étape indispensable au dépassement de ce qu’avait été jusque-là l’organisation de l’écologie politique en France. Mais Lyon n’est que le début de la dynamique de l’écologie politique et de l’accélération du processus d’ouverture et de renouvellement. Jamais dans la société française, la question écologique n’a autant animé les esprits. La gauche modérée ou radicale, de même que le centre ou plus encore la droite peinent à réviser leur matrice politique datant du siècle dernier. La présidentielle qui vient, audelà des coups de drague pour s’attacher un électorat écolo, va inévitablement montrer la dissémination du logiciel écologiste dans la vie publique et toutes les questions laissées dans le placard vont ressurgir comme autant d’impératifs repoussés.
Présidentielle encore, mais par la lorgnette de la sempiternelle question « aller ou pas à une élection » éloignée de nos valeurs mais qui reste un moment rare de vie politique partagée par tous les Français. La famille écolo s’anime pour ce débat et c’est tant mieux!
Aujourd’hui , on repère 3 positions dont les effectifs varient au fil de la situation politique :
– Il y a celles et ceux qui s’interrogent sur une candidature coûte que coûte
– Il y a celles et ceux qui soutiennent une candidature d’Eva Joly, parce qu’elle incarne le besoin de justice d’une société française malade et symbolise cette explosion du champ de l’écologie et de ses compétences au-delà des domaines où l’on avait voulu nous cantonner.
– Il y a celles et ceux qui soutiennent Nicolas Hulot pour tout ce qu’il représente notamment en matière de prise de conscience publique et de défense de l’environnement.
Dans ces trois cas de figure, une chose est commune : celle ou celui que nous appuierons dans cette élection n’appartiendra pas au cercle traditionnel de ce que représente EELV. Abstention, exclusion, clientélisme : depuis des décennies, le fossé n’a cessé de se creuser entre politique et société, au point d’amener une remise en cause profonde du système représentatif.
Mascarade, duperie, escroquerie… les termes utilisés traduisent une certaine fatigue de la démocratie en Europe en général et en France en particulier. On assiste au divorce démocratique entre un système partidaire fonctionnant hors-sol selon une projection fantasmée du « peuple » et une société active, diverse, créative mais sans illusion sur la nature et les formes du pouvoir qui s’exerce sur elle. Depuis une grosse décennie se succèdent régulièrement des expériences sans lendemain pour surmonter ce divorce : collectifs antilibéraux, comités désirs d’avenir et MoDem ont tous procédé de logiques très différentes et se sont tous abîmés dans la résilience ou le cannibalisme des appareils partidaires incapables
d’évoluer. C’est à la mesure de ces échecs successifs que doit s’apprécier la construction d’un mouvement comme Europe Écologie. Certes le moment est propice avec l’amorce d’une réelle prise de conscience élargie des enjeux environnementaux. Mais 20 ans après les premières victoires électorales de mouvements écologistes, l’alchimie délicate d’Europe Écologie résulte de la mise en présence de trois éléments fondamentaux : la nature propre de la pensée de l’écologie politique, la forme particulière du parti Vert, tout à la fois solide et conscient de ses limites, et l’influence décisive de figures de rassemblement, catalyseurs indispensables à cette cristallisation inédite. Nous devons démontrer que cette dynamique d’espérance n’a pas cédé devant la Realpolitik sclérosante des appareils parce qu’elle s’est structurée en mouvement intégré. L’écologie pour tous, c’est un mouvement écologiste qui refuse le sinistre modèle léniniste d’un parti-noyau se prenant pour l’avant-garde éclairée de la conscience écologiste, et obnubilé par son fonctionnement interne au lieu de se préoccuper de son ancrage dans la société, de son rôle de formation citoyenne et de sa capacité à renouveler ses réponses et ses acteurs.
Devant l’ampleur des défis qui se profilent, la consolidation d’un mouvement écologiste rassemblé tient désormais de l’ordre de la responsabilité historique. Ce qui cherche le jour, c’est bien une forme politique inédite capable de mener la transformation de la société, sans s’abîmer ni perdre son objet dans l’apathie qui affecte les partis politiques traditionnels. Une forme politique singulière et diverse par nature, directement animée par la vitalité de la société et sa biodiversité politique. Quelque chose qui demande à être et qu’il nous appartient de faire advenir…

Y a-t-il une révolution en Islande ?

Écrit par PHT |, in Sharknews.fr

J’adore les pays discrets comme l’Islande, un pays où même ce que d’autres appelleraient une révolution se passe à pas feutrés. Discret à tel point qu’on peut se demander si c’est vraiment d’une révolution dont on parle, s’il ne s’agit pas tout simplement d’une accélération temporaire dans le jeu d’échec de la politique locale. Pourtant, si l’on dresse la liste des évènements qui ont touché le pays depuis 2008, on doit constater qu’aucun pays « occidental » ne s’est récemment réinventé avec autant d’énergie que l’Islande.

Tout commence en 2008, l’année de la crise, une année pour les livres d’Histoire. Le pays compte 300 000 habitants, l’équivalent d’une grosse ville de province française, est classé au deuxième rang mondial sur l’IDH, l’indice de développement humain, juste derrière la Norvège, le volcan Eyjafjöll ne s’est pas encore réveillé et le ministère du tourisme inonde les couloirs du métro parisien de photos de jolies filles se prélassant dans une source thermale naturelle, je pense avec nostalgie à Solveig, mon premier amour de maternelle, tout va pour le mieux.

Mais depuis quelques temps déjà, l’Islande vit dangereusement au cœur d’une bulle financière. Pour compenser la hausse des prix, les taux d’intérêts ont été portés à 15,5%, ce qui attire une quantité gigantesque d’investisseurs étrangers souhaitant déposer des avoirs en couronne islandaise. La masse monétaire s’accroit de 37% l’année précédant la crise et le journal The Economist déclare la couronne islandaise « la monnaie la plus surévaluée du monde ». Puis la crise arrive, particulièrement violente pour l’île dont le système bancaire s’effondre. Les trois banques principales, Glitnir, Landsbanki et Kaupthing tirent le signal d’alarme de la faillite et sont nationalisées pour survivre. La dette du pays, principalement détenue par les banques, atteint 9553 milliards de couronnes, pour un PIB de 1279 milliards, somme que la banque centrale ne peut pas assumer. En parallèle la monnaie est dramatiquement dévaluée pour tenter de relancer les exportations et le tourisme, la manœuvre marche honnêtement mais pénalise le remboursement des dettes tenues par les créanciers étrangers. Les islandais se retrouvent individuellement endettés à 240% de leurs revenus disponibles. L’âge d’or est terminé.

 

C’est à ce moment, et pour la première fois dans l’histoire du pays, que le peuple descend dans la rue. Le palais présidentiel est assiégé par une foule pacifique et le gouvernement de droite doit céder la place sous la pression populaire. Un nouveau gouvernement social-démocrate est institué, mais quelques temps plus tard il se trouve face à un problème épineux, le remboursement d’une dette de 3,5 milliards€ qui correspond à la faillite d’Icesave, filiale de Landbanki, opérant surtout au Royaume-Uni et au Danemark. Sous la pression de l’Union européenne, à laquelle les sociaux-démocrates souhaitent adhérer, le gouvernement fait voter en janvier 2010 une loi autorisant ce remboursement et les islandais retournent dans la rue. Ils réussissent à obtenir qu’un référendum sur la question soit organisé, afin de pouvoir voter non à l’accord prévu à 93%. Le problème reste en suspens et l’hésitation politique est à son maximum, alors, le 27 novembre 2010, le peuple islandais décide de réécrire sa constitution qui date de 1944. A cet effet, il élit une assemblée constituante, composée de 25 membres, des simples citoyens ayant répondu à l’appel. La nouvelle constitution devrait être soumise au vote avant l’été. Parmi les idées les plus susceptibles d’être représentées, on trouve la séparation de l’Eglise et de l’état, la séparation stricte des pouvoirs exécutifs et législatifs et la nationalisation de l’ensemble des ressources naturelles.

Question pour la conscience du lecteur : que se passerait-il si, en France, le gouvernement souhaitait faire porter aux citoyens le poids du refinancement de certaines de nos banques privées ? Ne cherchez pas, c’est déjà le cas. Vous me direz que je suis mauvaise langue, que les banques françaises vont mieux, que la BNP Paribas a annoncé ce jeudi un bénéfice net de 7,8 milliards€ et que la SG a sextuplé ses bénéfices pour 2010 ; c’est vrai ; mais dans le même temps, la librairie en bas de chez moi, fermée il y a un an et demi, n’est toujours pas ré-ouverte.

 

Dans certains pays, le gouvernement décide de tout, dans d’autres, il est obligé de demander l’accord du peuple pour chaque nouvelle loi, en Islande, c’est le peuple lui-même qui est à l’origine de chaque décision. Pour comparaison, en France, la réforme constitutionnelle de 2008 a été entièrement rédigée à l’Elysée, votée de justesse au parlement grâce à la pression présidentielle et communiquée de manière lapidaire aux premiers concernés, nous. J’ai déjà abordé, pour d’autres raisons, la question de la représentativité dans les démocraties dans Démocratie, chose publique et corrida. Elire un gouvernement une fois tous les cinq ans, même au suffrage universel, n’est pas la garantie d’une juste représentativité. Le pouvoir législatif échappe au peuple pour une durée fixe et revient aux partis politiques qui n’ont pas du tout les mêmes objectifs. Or, lorsque les citoyens suppriment l’intermédiaire des mandataires et dictent directement leurs volontés, ils passent d’un état représentatif à un état démocratique, ce qui n’est pas la même chose. Il y a donc bien eu révolution en Islande, un gouvernement a été déposé par pression populaire, un référendum a été imposé, des lois refusées par le peuple et la constitution est en cours de réécriture par une assemblée constituante temporaire. On peut raisonnablement considérer que le système représentatif a connu une défaite importante et que cette dernière mérite toute notre attention.

 

J’adore les pays discrets comme l’Islande, leur révolution tâtonne et c’est bien normal, mais si elle porte de beaux fruits, elle montrera à nos vieux systèmes qu’une démocratie peut toujours être améliorée, que les contestations ne sont pas réservées aux pays du Sud et qu’on peut changer un système politique sans voir un seul gendarme. On peut même rêver que le « modèle islandais » devienne une référence pour les changements politiques en Europe comme les « révolutions colorées » l’ont été pour les pays de l’ex-CEI. Evidemment l’avenir du pays n’est pas encore clair et les esprits chagrins ne manqueront pas, dans les mois qui viennent, à chaque hésitation, de parler avec un sourire narquois de l’échec de l’utopie islandaise. Ce à quoi je répondrai que sans utopie il n’y a pas de progrès et que si l’Histoire avait dû s’arrêter à l’exécution de Camille Desmoulins, au consulat ou à la restauration, je n’aurai pas le droit d’écrire ces lignes, ni vous de les lire. S’il y a une seule leçon à tirer des évènements islandais, c’est que représentativité et démocratie sont deux choses différentes, qu’attaquer la première ne fait pas de nous des vilains antidémocrates, en revanche, réfléchir à la deuxième ferait de nous des progressistes et cela ne nous ferait pas de mal.

Islande : une révolution démocratique et anticapitaliste

Aussi incroyable que cela puisse paraître, une véritable révolution démocratique et anticapitaliste a lieu en Islande en ce moment même, et personne n’en parle, aucun média ne relaie l’information, vous n’en trouverez presque pas trace sur « google »: bref, le black-out total…
Pourtant, la nature des évènements en cours en Islande est sidérante : un Peuple qui chasse la droite au pouvoir en assiégeant pacifiquement le palais présidentiel, une « gauche » libérale de remplacement elle aussi évincée des « responsabilités » parce qu’elle entendait mener la même politique que la droite, un référendum imposé par le Peuple pour déterminer s’il fallait rembourser ou pas les banques capitalistes qui ont plongé par leur irresponsabilité le pays dans la crise, une victoire à 93% imposant le non-remboursement des banques, une nationalisation des banques, et, point d’orgue de ce processus par bien des aspects « révolutionnaire » : l’élection d’une assemblée constituante le 27 novembre 2010, chargée d’écrire les nouvelles lois fondamentales qui traduiront dorénavant la colère populaire contre le capitalisme, et les aspirations du Peuple à une autre société.
Alors que gronde dans l’Europe entière la colère des Peuples pris à la gorge par le rouleaucompresseur capitaliste, l’actualité nous dévoile un autre possible, une histoire en marche susceptible de briser bien des certitudes, et surtout de donner aux luttes qui enflamment l’Europe une perspective : la reconquête démocratique et populaire du pouvoir, au service de la population.
Plus bas, vous trouverez deux articles traitant de cette révolution en marche, à faire circuler le plus largement possible, puisqu’on ne doit compter sur aucun média pour le faire à notre place.
Depuis le samedi 27 novembre, l’Islande dispose d’une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs. Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.
Depuis cette crise dont elle est loin d’être remise, l’Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire. Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l’Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d’excommunistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C’était une première pour l’Islande, tout comme la nomination d’une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.

http://www.cadtm.org/Quand-l-Islande-reinvente-la
http://www.parisseveille.info/quand-l-islande-reinvente-la,2643.html

La révolution en Islande

in Non à la politique de la peur
Voir sur ce sujet
http://www.parisseveille.info/la-revolution-en-islande.html

l’Assemblée constituante a été élue en novembre

Un jour, il y a quelques mois, un anglais passant par Paris, rencontré à la librairie Lady Long Solo, nous alertait sur la révolution en Islande. Quelle révolution ? On n’en entend parler nulle part. Une rapide recherche google ne donne rien du tout, aujourd’hui, ni en associant le mot « révolution », ni même « crise », où l’on ne trouve que des détails sur la crise financière, effectivement à l’origine de cette révolution, qui a eu lieu en 2008, dans ce pays d’à peine plus de 300 000 habitants, classé au deuxième rang mondial sur l’indice du développement humain, l’IDH, derrière la Norvège, à la veille de cette crise, en 2006.

Confronté alors à la faillite brutale du système bancaire, le peuple était descendu dans la rue. Du jamais vu au pays des jeysers d’eau chaude. La droite avait aussitôt dû céder la place à la gauche. Et, pour commencer, les banques avaient été nationalisées. Notre informateur anglais en avait entendu parler pour les projets législatifs de liberté totale pour internet, tels que des sites anglais pensaient à s’héberger là. Plus encore, il insistait pour parler d’une véritable révolution, sans pouvoir la décrire plus, mais s’étonnant qu’on n’en ait jamais entendu parler.

Cherchant alors avec obstination, on a fini par voir des images du palais présidentiel assiégé par une foule qu’on qualifierait ici sans hésiter d’anarcho-autonome. En plus des drapeaux noirs, on pouvait deviner dans la foule une forte composante de citoyenneté de type écologiste. Et on comprenait que le pauvre malheureux flic, tout seul devant le palais présidentiel, ait rapidement dû se rendre sous la pression de la foule. Celle-ci, néanmoins pacifique, n’usait que de casseroles et autres objets bruyants, selon la méthode argentine du cacerolazo, qui a su s’avérer très payante aussi là-bas.

Le président avait plié bagage. Un nouveau gouvernement s’était institué. Mais, quelques temps plus tard, celui-ci avait la mauvaise idée de proposer le remboursement de la dette des banques vis-à-vis du Danemark ou de la Grande Bretagne. Le peuple est de nouveau descendu dans la rue. Un référendum sur la question était imposé par volonté populaire, et une petite majorité de 93% rejetait l’accord prévu par les gentils gouvernants.

Parmi les informations glanées, cette image saisissante de l’agora dans les bains publics chauds, où le peuple s’assemble tous les matins pour débattre de comment refaire le monde.

Consécration de cette révolution, l’élection d’une Assemblée constituante, le 27 novembre 2010, événement peut-être plus considérable que la nuit du 4 août 1789 où était votée l’abolition des privilèges, dont on ne se serait pas aperçu sans la vigilance de Truks en vrac, de notre ami B.Bec, du Gers, relayant le CADTM, ou de Jean-Luc Mélenchon, qui trouve là une similitude avec ses propres thèses constitutionnalistes, mais ne semble pas voir plus loin que le bout de son nez anti-capitaliste.

Merveille de la désinformation. Un événement aussi considérable qu’une véritable révolution démocratique, telle qu’on n’en a jamais vue en Europe, peut se produire sans que la presse, ni google, ne permettent d’en savoir quoi que ce soit. C’est sûr qu’à l’heure de la consolidation anti-démocratique que vivent la plupart des pays européens, l’exemple islandais ne fait pas vraiment l’affaire de nos régimes policiers, qui montrent là encore leur aptitude à verrouiller rigoureusement la conscience collective.

On aimerait assurément en savoir plus sur cette révolution islandaise. Voilà des mois que Paris s’éveille rêve de téléporter sa rédaction pour un reportage approfondi au pays des chasseurs de baleines et d’utopie. S’immerger dans les bains chauds de la révolution démocratique fait certes envie, surtout vu du cœur de notre hiver sécuritaire.

Il faut s’imaginer les 25 « simples citoyens » qui vont plancher sur la constitution idéale. Le souffle de l’humanité devrait se retenir. Où l’on verra probablement qu’il n’est pas difficile de faire mieux que toutes les figures de pseudo-démocraties qui se sont déclinées jusqu’ici sur les cinq continents.

Cet article se voudrait un appel à qui aurait plus d’informations sur cette extraordinaire histoire islandaise. On peut m’écrire à : michelsitbon@gmail.com, et je relayerai avec plaisir. Un dossier sur la révolution islandaise tente de rassembler les articles qu’on peut trouver sur le sujet.

Quand l’Islande réinvente la démocratie

16 décembre 2010 par Jean Tosti in CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde)
http://www.cadtm.org/Quand-l-Islande-reinvente-la

Depuis le samedi 27 novembre, l’Islande dispose d’une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs. Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.

Depuis cette crise dont elle est loin d’être remise, l’Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire. Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l’Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d’ex-communistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C’était une première pour l’Islande, tout comme la nomination d’une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.

Très vite, le nouveau gouvernement se trouve face à un problème épineux : le règlement aux Pays-Bas et au Royaume-Uni d’une dette de 3,5 milliards d’euros suite à la faillite d’Icesave, banque en ligne dont les opérations étaient tournées principalement vers ces deux pays. Sous la pression de l’Union européenne, à laquelle les sociaux-démocrates souhaiteraient adhérer, le gouvernement fait voter en janvier 2010 une loi autorisant ce remboursement, ce qui reviendrait, pour chaque Islandais, à débourser pendant huit ans une somme d’environ 100 euros par mois. Mais le président de la République refuse de ratifier la loi, dont le texte est alors soumis à un référendum. À plus de 93%, les Islandais votent contre le remboursement de la dette (6 mars), et depuis le problème reste en suspens.

C’est dans ce contexte que l’Islande décide de modifier sa constitution, qui en fait n’a jamais été vraiment rédigée : lorsqu’en 1944 la république avait été proclamée, on s’était contenté de recopier dans les grandes lignes la constitution du Danemark, pays dont l’Islande dépendait depuis plusieurs décennies, en remplaçant simplement le terme de “roi” par celui de “président de la République”. C’est donc une nouvelle constitution qu’il s’agit d’écrire entièrement, et pour cela on a décidé de faire confiance au peuple souverain. Il y a eu d’abord un appel à candidatures (tout le monde pouvait se présenter à l’exception des élus nationaux, à condition d’avoir dix-huit ans révolus et d’être soutenu par au moins trente personnes) auquel ont répondu 522 citoyennes et citoyens. C’est parmi eux qu’ont été élus les 25 constituants.

Ces derniers commenceront à se réunir à la mi-février et rendront leur copie avant l’été. Parmi les propositions qui reviennent le plus souvent, on peut noter la séparation de l’Église et de l’État, la nationalisation de l’ensemble des ressources naturelles et une séparation claire des pouvoirs exécutif et législatif.

Certes, l’Islande n’est qu’un petit pays d’environ 320 000 habitants. Elle donne cependant là une belle leçon de démocratie aux grands États dont la France : songeons que, dans notre pays, la réforme constitutionnelle de 2008 a été entièrement rédigée à l’Élysée, et que les parlementaires ne l’ont adoptée qu’à deux voix près après avoir été soumis pendant des semaines à des pressions intolérables de la part du chef de l’État.

Areva nous prend pour des cons

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